Pourquoi s’obstiner à tenir un blog ? Sans doute parce que raconter revient à mieux se souvenir, parce que j’ai ainsi une chance de maintenir vivantes les images du voyage.
J’ai passé dix jours dans la beauté de la campagne de l’Aveyron sud, à m’émerveiller du paysage vallonné, du bonheur de voir depuis le sommet des collines les plaines passer par toutes les couleurs du soir, abricot, rose indien, ocre, jusqu’au violet de la nuit.

Le village où nous logeons le temps d’un stage musical s’appelle Saint-Affrique. On a vite fait de faire le tour du centre et d’aller voir « ce qui mérite d’être photographié ». Evidemment les ponts sur la Sorgues,

les pavés inégaux du pont du 14e siècle où je me tords régulièrement les chevilles,

Tout ce qui fait l’harmonie d’un village du Sud, la placette de l’Hôtel de Ville toujours occupées, les platanes du champ de foire taillés en voûte,

… la façon dont les maisons du Sud gardent les maisons fraîches en se protégeant des mouches

Très vite, on élargit le champ de ce qui est à regarder, tantôt pour s’intéresser aux rues étroites où une seule personne passe à la fois et qui gardent ainsi un peu de fraîcheur. Tantôt pour constater que cela ne suffit pas à lutter contre l’envie de vivre dans des villas avec jardin comme le montrent le nombreuses maisons abandonnées.

Cette France des villages est deux fois perdue : sur le monument funéraire de la guerre de 14-18 presque tous les noms sont encore occitans

Les commerces sont à la peine comme partout. Comment lutter contre les grandes surfaces installées tout autour de la ville ? Une épicerie a remplacé le contact humain par des casiers automatisés..

Est-ce que c’est un moyen d’empêcher le centre-ville de mourir ? En tout cas, le village et sa mairie s’accrochent et multiplient les efforts pour garder la population et lui inventer une vie agréable, médiathèque remarquable, soirées festives, et même ce joli jeu d’échecs où l’on déplace des figurines hautes de 40 cm à l’ombre des arbres.

C’est à Saint-Affrique que ma famille paternelle s’était réfugiée pendant la guerre et que mon oncle (le frère aîné de Bertrand, votre voisin du 4e de jadis) est né. Ce post me donne envie d’y faire le pèlerinage familial qui s’impose. Amitiés, Mathias
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C’est une occasion d’écrire combien le souvenir de tes parents reste présent. A Saint-Affrique, il y a la statue du général de Castelnau, brillant militaire (les gens du coin disent qu’il a joué un rôle décisif pendant la bataille de la Marne. ) Ses opinions réactionnaires ont peut-être empêché sa promotion comme maréchal. Son catholicisme intransigeant ne l’a pas empêché de prendre ses distances avec le régime de Vichy. A un émissaire d’un cardinal qui lui aurait fait savoir qu’on s’inquiétait de le voir protéger des juifs, il aurait dit « Votre cardinal a donc une langue. Je croyais qu’il l’avait usée à lécher le cul de Pétain ».
Je ne sais pas s’il a joué un rôle dans la survie de ton oncle.
Amitiés
Sonia
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merci Sonia. oui, les commerces sont à la peine un peu partout, y compris à Dax, pas une semaine sans observer une fermeture c’est bien triste. tout se perd et les rues sont calmes et se vident. Ici les touristes sont repartis.
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Dans notre quartier, les Parisiens ne sont pas encore de retour. Un petit répit avant la rentrée !
sonia
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Il faut reconnaitre que le pont moyenageux est tout de meme plus beau que le pont moderne cache derriere. Quant aux paves ils sont exactement inegaux pour que les chevaux puissent s’y appuyer et ne glissent pas. Alors, tant pis pour tes chevilles fragiles Pense a eux..
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Ah ! Je ne savais pas. Merci
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mon commentaire encore en Anonyme, mais je vois que je ne suis pas seule
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c’est bien joli les pavés et les toiles d’araignées aussi. Continue à nous raconter tes promenades cela me fait rêver coincée comme je suis à Créteil
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Je me suis promenée dans les intervalles laissés par un emploi du temps stakhanoviste (9h30-12h ; 15h-18h 30 et souvent 20h….). Au bout de l’effort, j’espère avoir chanté un peu mieux qu’à l’ordinaire… C’est l’essentiel de ce que je suis venue chercher en Aveyron.
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