Un concert du quatuor Psophos au Bal Blomet

Je n’ai rien d’une musicologue. C’est tout juste si mes souvenirs de leçons de piano, données par une vieille dame indulgente qui, hélas, m’épargnait le solfège, me permettent de déchiffrer des partitions lorsqu’elles sont simples, et c’est justement pourquoi j’aime voir jouer les quatuors de cordes.

Le quatuor et l’art de passer d’un instrument à l’autre

Un quatuor à cordes est composé d’instruments de la famille des cordes, deux violons, un alto, un violoncelle, qui diffèrent par la tessiture, passant de l’aigu au grave (même si chacun peut s’aventurer dans l’aigu), mais dont le timbre et le jeu se rapprochent. Au disque, j’entends l’art avec lequel le compositeur équilibre les parties, sans avoir la ressource de noyer une faiblesse d’écriture dans l’océan sonore de l’orchestre, mais je perçois mal la façon dont les thèmes glissent d’un instrument à l’autre.

Au concert, je suis aidée par les mouvements des musiciens en train de représenter devant moi la ligne mélodique, la façon dont elle commence au premier violon et se poursuit dans les instruments partenaires. Et quand le compositeur rompt l’unité, que les instruments se dissocient pour dialoguer chacun avec sa voix propre et que le mélodiste se fait orchestrateur, ce sont à nouveau deux perceptions parallèles, la danse des gestes et le mouvement des sons, qui permettent de se représenter la musique.

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Photo Marie Julliard

Pour saisir ces lignes idéales et leurs variations, pour voir tout à coup des notes se combiner et s’accoupler à l’improviste, je vais au concert. Voici comment je me suis retrouvée au Bal Blomet  le 10 décembre pour célébrer les vingt ans du quatuor Psophos avec un programme romantique qui alliait un morceau à quatre et des morceaux avec des amis invités, quintette ou octuor.

Ces musiciens incarnent très bien la tension entre fusion et individualité qui me fait aimer le quatuor, à quoi s’ajoute le plaisir que donne l’impression qu’ils sont heureux ensemble. Il le faut d’ailleurs pour attaquer avec précision, reprendre dans le même style, tantôt plus marqué, tantôt plus apaisé, le motif initié par le partenaire salué d’un sourire, s’entendre sur les accents qui font respirer les phrases, sacrifier la brillance individuelle à la cohésion.

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Photo Marie Julliard

Dans l’opus 44 en mi bémol de Mendelssohn, et surtout dans l’étincelant final, Éric Lacrouts, violon solo de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, fait figure de leader, mais il est loin de dominer en permanence. C’est parfois Cécile Grassi, l’alto, la plus enjouée des quatre, qui est au premier plan, ou Guillaume Martigné qui passe de l’accompagnement à la pleine lumière et parfois impose sa pulsation. Regarder Bleuenn Le Maître, le second violon, apparemment moins mis en valeur par le texte, est  le spectacle même de la transformation de la mélodie en architecture. J’aime surtout l’adagio de ce quatuor et je ne peux m’empêcher de repenser que les nazis, surtout ceux qui adoraient la musique et faisaient jouer des fanfares à l’entrée des camps de concentration, ont haï Mendelssohn plus que les autres juifs. Il était tellement allemand !

Ensuite sont arrivés les amis, Ingrid Schoenlaub avec son violoncelle pour l’Allegro du Quintette à deux violoncelles de Schubert qui rompt l’équilibre du quatuor au profit de la voix grave, l’altiste  Mathieu Herzog pour un Bruckner, enfin Nemanja Radulovic et Florent Brannens aux violons pour l’octuor  d’un Mendelssohn de 16 ans : le final brillant a été bissé. Tout le monde se sentait mieux. Vous avez remarqué combien c’est communicatif un final brillant ?

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Concert pour les 20 ans du Quatuor Psophos. L’octuor de Mendelsohn avec les amis. Photo Marie Julliard

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Un bal antillais des années folles

Entre deux morceaux, nous regardions le Bal  Blomet, une salle de spectacles/cabaret du 15e arrondissement de Paris.  Son (re)fondateur, Guillaume Cornut, est un ancien trader et par ailleurs pianiste, qui a laissé tomber la finance pour la musique. Il a empêché les promoteurs de faire main basse sur l’emplacement, ouvert une salle à la programmation éclectique qui va du jazz, à la comédie musicale, à la musique classique, aux conférences.

L’histoire du lieu est résumée sur le site du Bal Blomet [www.balblomet]. Elle s’appuie largement sur les récits du violoniste et clarinettiste créole Ernest Léardée, transcrits par Brigitte Léardée et Jean-Pierre Meunier, La Biguine de l’Oncle Ben’s: Ernest Léardée raconte, Editions caribbéennes, 1989).

L’histoire du Bal de la rue Blomet avait commencé en 1924. Jean Rézard des Wouves, candidat antillais à la députation, avait installé son QG de campagne au 33, rue Blomet, dans le 15e arrondissement dans un commerce de vins. Les réunions électorales se sont vite transformées en soirées musicales et dansantes quand Jean Rézard, qui n’avait guère de public comme orateur politique, a eu l’idée d’y jouer la biguine de ses origines. Le bal devint un point de rencontre pour les Antillais. Très vite, le Paris branché investit le lieu. Joséphine Baker, Maurice Chevalier, Mistinguett, Foujita, Kiki de Montparnasse accompagnée de Man Ray ou Alexander Calder. Les écrivains Henry Miller, Hemingway, Fitzgerald s’y retrouvent, de même que Jean Cocteau, Paul Morand, André Gide ou Raymond Queneau. Les peintres Joan Miro, Piet Mondrian, André Masson, Francis Picabia, Jules Pascin, Moise Kisling et Kees van Dongen, ou les surréalistes. Le Prince de Galles, futur Édouard VIII échappé de cérémonies officielles y fait même une (ou des) apparition (s).

Robert Desnos, qui habite quelques mètres plus loin dans les ateliers d’artistes du 45, rue Blomet le renomme ‘Bal Nègre’ et en assure la promotion dans un article publié dans le quotidien Comoedia :

« Dans l’un des plus romantiques quartiers de Paris, où chaque porte cochère dissimule un jardin et des tonnelles, un bal oriental s’est installé. Un véritable bal nègre (…) où l’on peut passer, le samedi et le dimanche une soirée très loin de l’atmosphère parisienne. C’est au 33 de la rue Blomet, dans une grande salle attenante au bureau de tabac Jouve, salle où, depuis bientôt un demi-siècle, les noces succèdent aux réunions électorales. »

Pour le propriétaire actuel, le succès du Bal Nègre tient au besoin de vivre de la génération qui sort de la Grande Guerre : la musique et la danse afro-américaines sont un moyen de rompre avec la civilisation occidentale qui a mené à la catastrophe. Et puis un parfum scandaleux ajoute au plaisir. La fille d’un industriel a tué son mari à la sortie d’une soirée passée en compagnie d’une des danseuses du Bal Nègre et les journaux n’ont pas manqué d’associer le dévergondage de la soirée et le meurtre. Brassaï dans son Paris secret des années trente écrit :

Brasaï, Le Bal Blomet

Photo de Brassaï publiée dans Le Paris secret des années 30, (Gallimard, 1976) p. 129.

« Tous les soirs, les voitures luxueuses y déversaient leur cargaison de névrosées élégantes du bottin mondain, pressées de se jeter littéralement dans les bras des beaux Sénégalais, Antillais, Guinéens ou Soudanais taillés en athlète. Une magie hystérique. »

Plus tard, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Boris Vian, Albert Camus, Jacques Prévert ou Mouloudji ont fréquenté le Bal Nègre. Dans La Force de l’âge, Simone de Beauvoir le décrit comme un lieu où les bourgeoises libèrent leurs corps, même si la plupart ne sont pas des cavalières accomplies. Aujourd’hui le lecteur sursaute lorsqu’elle caractérise les Noirs par une animalité et une sensualité qui  ne font que reprendre le stéréotype de l’homme de la nature:

« Le dimanche soir, on délaissait les amères élégances du scepticisme, on s’exaltait sur la splendide animalité des Noirs de la rue Blomet. […] À cette époque, très peu de Blanches se mêlaient à la foule noire ; moins encore se risquaient sur la piste : face aux souples Africains, aux Antillais frémissants, leur raideur était affligeante ; si elles tentaient de s’en départir, elles se mettaient à ressembler à des hystériques en transe. »

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands interdisent le bal qui ne retrouvera pas l’aura d’antan. L’établissement  devient un restaurant-tabac puis se transforme ensuite en club de musique latino-américaine, « l’Opus Latinos », puis en club de Jazz, « le Saint-Louis Blues », avant de fermer ses portes en 2006. Il était menacé de démolition quand Guillaume Cornut est intervenu.

La salle de concert de 250 places est au sous-sol. On s’installe autour de petites tables rondes et on peut délicieusement étendre ses jambes contrairement à ce qui se passe dans une salle de concert classique. La scène, une simple estrade de bois, est toute proche. Derrière les artistes, un mur de briques ocre. Décor minimaliste, mais teintes, chaleureuses. Au fond, un comptoir de  bar. Une galerie surplombe la salle.

Bal Blomet, Paris 15

Nous étions attendus et nous n’avons pas essayé le restaurant. Les commentaires sur internet sont louangeurs.

Du Bal Nègre au Bal Blomet : la mémoire des discours

Guillaume Cornut avait pensé reprendre à Desnos l’appellation Bal Nègre en se réclamant d’une époque qui avait découvert et exalté les cultures africaines, art nègre célébré par Picasso, Revue nègre du théâtre des Champs Elysées à partir de 1925, à quoi il faut ajouter le dérivé Négritude, forgé par Aimé Césaire et repris par Léopold Senghor au milieu des années trente pour désigner un courant littéraire qui valorisait les cultures africaines, sortait par le haut des siècles d’humiliation en transformant la honte en fierté. D’ailleurs, les surréalistes responsables du changement d’appellation n’étaient-ils pas résolument mobilisés contre le racisme et les guerres coloniales ?

Le problème, c’est que ce contre-discours n’a pas effacé la mémoire des discours coloniaux ni les rapports sociaux d’oppression qui la sous-tendent.

Aujourd’hui, des militants mobilisent à chaque dérapage jugé raciste. Rokkaya  Diallo (une militante associative noire) lance une pétition soutenue par le Cran (Conseil Représentatif des associations noires) pour faire retirer ce nom. Dialogue impossible : le propriétaire veut voir seulement le discours culturel, les militants du Cran, voient seulement le discours colonial.

J’entends leurs arguments. Au témoignage des dictionnaires, Nègre était d’abord un mot neutre, le nom d’un peuple « originaire de Nigritie » (Trévoux 1728), mais il est devenu un mot lié à la déshumanisation des Noirs, sans doute vers la fin du XVIIe siècle après que le Code Noir eut donné un statut légal à l’esclavage. Victor Hugo témoigne de l’affrontement des termes au XIXe siècle:

Biassou, heureux d’humilier un blanc, l’interrompit encore : – Nègres et mulâtres ! qu’est-ce que cela veut dire ? Viens-tu ici nous insulter avec ces noms odieux, inventés par le mépris des blancs? Il n’y a ici que des hommes de couleur et des noirs » (Hugo, Bug-Jargal, 1826, p.152).

Il fallait sans doute faire un effort d’empathie pour s’aligner sur la perception des minorités de couleur, mais la bataille du Cran a été menée avec une brutalité qui me laisse perplexe. Guillaume Cornut est identifié aux colonialistes ; la référence à un moment culturel où les intellectuels et les artistes ont découvert la musique de l’Afrique et des Antilles est assimilées à une nostalgie de l’ordre colonial et à l’approbation des zoos humains. Au lieu de débattre, on diabolise.

#NonAuBalDesColons ! Pas de « bal nègre à Paris » en 2017

Nous sommes en 2017. M. Guillaume Cornut a décidé d’ouvrir prochainement un cabaret au 33, rue Blomet dans le 15ème arrondissement de Paris et de le baptiser tout simplement « Le Bal Nègre ».
Le concepteur du lieu puise de manière totalement assumée dans le registre de la nostalgie coloniale.
Son site interne décrit l’époque des années 1920 ainsi: « La génération des Années folles est alors avide de distractions sur fond de musique et rêve d’un monde nouveau en réaction aux souffrances de la Grande Guerre. On se passionne frénétiquement pour les cultures inédites et les nouvelles esthétiques comme le Surréalisme, Dada, le Jazz ou l’art nègre qui culmine avec l’Exposition coloniale de 1931 ».
Les zoos humains, où étaient exposés les colonisés, sont donc pour lui le point « culminant » d’une joyeuse époque. Peut-on raisonnablement célébrer ainsi une époque qui fait écho aux douleurs des descendant.e.s de colonisé.e.s?

Le mot nègre est offensant pourtant le créateur du lieu en fait une utilisation emphatique et délibérée dont il semble même se vanter. Dans une interview donnée à France Info, il évacue l’aspect polémique du nom offensant du lieu d’une manière désinvolte : Restait le nom de la salle, qui risquait de choquer. Guillaume Cornut a donc consulté les Antillais de Paris, comme l’écrivain guadeloupéen Claude Ribbe. Verdict : « C’est un nom qui appartient à la salle, à son histoire. Il fait honneur à la communauté antillaise, qui est très fière de ce lieu « . Le Bal restera donc Nègre et la fête sous les auspices du piano du candidat député Rézard des Wouves. Qui sont ces « Antillais de Paris »? Mystère. Qui peut raisonnablement croire qu’une instance représentative des Antillais de Paris s’est réunie pour adouber ce lieu ? Nous avons pris contact avec Claude Ribbe qui nous a fermement indiqué qu’il n’avait jamais tenu ces propos et tient à faire savoir qu’il se désolidarise totalement de cette initiative, dont il ne cautionne ni le nom ni le projet

Nous sommes en 2017 et regrettons de devoir recourir à une pétition, aux réseaux sociaux pour rappeler une évidence : « Nègre » est un terme raciste. Interrogé sur le sens du mot M. Guillaume Cornut répond avec désinvolture « Je ne me suis pas documenté sur ce mot (…) J’en suis resté à ce qu’étaient les années 20.  » Il propose ainsi sans aucun recul historique une rhétorique coloniale datant de près d’un siècle! Ce terme est pour nous une insulte raciale.
Pourquoi en 2017, en France au pays des droits humains, une enseigne aussi insultante peut-elle avoir pignon sur rue et ce sans que la Ville de Paris ne trouve absolument rien à y redire ? Bien au contraire. Ce projet est soutenu par la Ville de Paris, alors que les artistes racisé.e.s peinent à disposer d’espaces pour se produire !
Cornut n’a même pas pris la peine d’impliquer des personnes noires dans la conception de son projet. Ce faisant il ne rend hommage pas à la culture afro-américaine comme il le prétend mais injurie des millions de Noires et Noirs de France. (Pétition adressée à Guillaume Cornut, Anne Hidalgo Maire de Paris, Philippe Goujon Maire de Paris 15e et Audrey Azoulay Ministre de la Culture.)

Lors des discussions qui entourent la pétition, on voit deux types d’arguments en faveur de la censure. Le premier est que la mémoire dominante est aujourd’hui celle de l’esclavage et qu’on la retrouve à l’œuvre dans l’expression Bal Nègre (nous avons vu avec Simone de Beauvoir que les stéréotypes animalisant les Noirs n’étaient pas absents des raisons qui attiraient  du monde dans ces soirées).

Certains des locuteurs qui s’expriment sur les réseaux sociaux, mettent en avant un second argument plus complexe car il reconnaît l’existence d’un type de discours, le discours culturel, où la péjoration est effacée. Ce sont en fait les seuls Blancs qui n’ont pas le droit d’employer ce mot ou ses dérivés. Nègre est employable par ceux qui se reconnaissent comme Noirs et s’identifient comme tels (et de fait comment éliminer Césaire et Senghor), mais le mot reste interdit aux autres. C’est aux  Noirs et à seuls de décider s’ils posent une culture nègre ou s’ils revendiquent une identité commune. Dans le vocabulaire des linguistes, on dirait que tout dépend de l’énonciateur. C’est ce qu’écrit Célia Sadai, dans Africultures le 31/1/2017: « la question, au creux de tout ça, c’est la même : qui est le souverain de l’énonciation ? »

L’interdit qui empêche de « retourner » nègre est sans doute aussi le produit de l’hégémonie linguistique américaine. L’insulte nigger redouble l’insulte nègre malgré Césaire et Senghor. D’ailleurs, la solution de remplacement adoptée aux USA,  Blacks, se répand aujourd’hui au détriment de Noirs. Pour ma part, je ne suis pas sûre que substituer Black à Nègre modifie les rapports sociaux sous-jacents au racisme, mais dans une France minée par le chômage et l’échec scolaire, où chacun veut être reconnu comme victime, il ne reste guère que des satisfactions symboliques à se mettre sous la dent.

Les choses évolueront parce que la population se modifie assez rapidement et qu’on retrouve des Noirs dans toutes sortes de métiers. Les stéréotypes s’atténueront comme ils l’ont fait pour les Bretons naguères identifiés à Bécassine, pour les Corses stigmatisés pour leur paresse, ou pour les Espagnols réputés plus adonnés aux plaisirs de la sieste qu’au travail….

En définitive, la salle de spectacle s’appelle Le Bal ­Blomet, appellation la plus utilisée au XXe siècle : Gaston Monnerville,  (petit-fils d’esclave, né en Guyane, et devenu Président du Sénat de 1947 à 1968, donc le deuxième personnage de l’Etat) évoque d’ailleurs la salle sous ce nom Bal Blomet dans la préface qu’il donne aux souvenirs de son ami Ernest Léardée

J’ai rappelé cette controverse parce que les affrontements sont permanents aujourd’hui, parce que les réseaux sociaux amplifient tout incident, criant très facilement au scandale au risque de voir la violence verbale virer au lynchage. Je ne crois pas que ce déchaînement fasse reculer les stéréotypes qui touchent les hommes de couleur… Bien plus, en marquant sans cesse la frontière entre un « nous, les victimes » et un « vous, les Blancs », le procès constant de néo-colonialisme fait aux Blancs du XXIe siècle nourrit la vision raciste et essentialiste qu’il prétend dénoncer.

4 réflexions sur “Un concert du quatuor Psophos au Bal Blomet

  1. Merci, Sonia, pour ce beau texte de fin d’année. Passages harmonieux de la description des voix et gestes du quatuor à la mémoire du lieu, à son histoire et aux réflexions contemporaines sur le poids des mots. Tu nous as accompagnés le long de cette année 2017 qui est en traind e s’éteindre par tes textes intéressants, curieux, savants et qui me donnent toujours grande envie d’aller voir et connaitre celles et ceux , lieux et personnages que tu évoques. Surtout, ne nous laisse pas sans cette nourriture l’année prochaine, 2018 pointe déjà son nez.
    Mariagrazia

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    • Je n’en ai pas fini avec ce blog, compagnon fidèle, qui focalise mon attention sur des lieux et de moments que j’oublierais peut-être sinon, et qui m’offre les lecteurs merveilleux qui m’accompagnent. Je voudrais dire ma gratitude pour ces échanges virtuels, mais si importants pour moi.
      A l’année prochaine
      Sonia

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  2. Ma chère Sonia, Voilà, j’ai enfin trouvé le chemin des commentaires sur ce site que j’aime tant consulter.

    Tu reprends fort bien l’histoire de ce Bal Nègre des années folles, découvert par les surréalistes et dont, Robert Desnos (tel tu le cites) mais aussi Kiki de Montparnasse étaient, avec leurs amis, les éléments les plus dynamiques. A l’inverse du Bal Ubu, on y venait costumé sans thème imposé. Une de ces fêtes des années folles auxquelles participait une société cosmopolite d’artistes et d’intellectuels épris de plaisirs et de licence que dépeint si bien Klaus Mann dans son roman « la danse pieuse » (traduction M.F Demet. Ed. Grasset) :
    « C’était le clo-clo-clo, la fête des artistes – le rendez-vous le plus mondain du joyeux petit monde de la bohème internationale – c’était le bal brillant d’une société intellectuelle et pourtant exubérante. L’atmosphère était comique, comique à en mourir de rire. L’Europe, l’élite du monde monde entier, s’offrait ici une fête brillante, hilarante, piaillante (…). Quiconque n’assistait pas à cette fête ne pouvait que s’en attrister. On l’avait annoncée par d’immenses réclames, mais elle dépassait vraiment toutes les attentes par ses extraordinaires débordements. Toutes les célébrités étaient présentes. On se montrait aux grands peintres qui buvaient énormément, la mine grave ».

    Marie

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