Trois heures quand nous sortons de la gare pour aller jusqu’à l’hôtel Romeo en traînant nos bruyantes valises de touristes. Le principal avantage de cet hôtel défraîchi, c’est sa proximité avec la gare. Le second jour nous rejoignons E. et R. à l’Hôtel di Rossi, plus onéreux, mais sans eau chaude et sans savon. C’est de notre faute. Nous avons eu peur des contraintes des Bed and Breakfast. Pas de réception chez les loueurs de chambres et donc nécessité de prévenir à l’avance de son heure et de s’y tenir. On s’imaginait devant une porte close, avec un numéro de téléphone qui sonnait dans le vide (« Eh ! Monsieur vous êtes là ? Ouvrez-nous la porte pour l’amour de Dieu »). Le portier 24 heures sur 24 est une option rassurante, mais les hôtels de Bari sont rares et ne font guère d’efforts.
L’hôtel Romeo est situé près d’une université avec des inscriptions qui ressemblent aux nôtres. A Paris, les étudiants manifestent entre colère et fête. Ici, pour l’étranger, le mal être est moins perceptible et pourtant les diplômés n’ont guère de perspective.

Tout ce quartier Murat qui va jusqu’à la vieille ville suit un plan en damier. Il est constitué de gros immeubles 19e ; les vitrines étincelantes alternent avec des cafés-pâtisseries. La Via Sparano, la rue la plus chic, abrite des magasins de vêtements de luxe mondialisés. De l’autre côté du Cours Vittorio Emmanuele II, commence l’enchevêtrement des ruelles de Bari Vecchia.
San-Sabino et San Nicola
On découvre l’architecture apulienne : façade simple ornée d’une rosace, murs blancs, allure légère.
En Français habitués à la gratuité des églises, nous ne sommes pas contents de payer l’entrée, mais en Italie l’entretien des églises incombe au clergé et le billet permet d’accéder à la crypte de la cathédrale et au musée diocésien.
Dans la crypte, une forêt de colonnes dorées.

Une des chapelles abrite un lit où est allongée Sainte Colombe. Née dans une famille noble de Saragosse, cette sainte s’enfuit, se rend en France, où elle adopte le nom de Colombe. Elle parvient à Sens, (qui a été au centre de la vie ecclésiastique jusqu’au 17e siècle, puisque l’évêque de Paris dépendait de l’archevêque de Sens). Sainte Colombe subit le martyre en l’an 274. La description des guides insiste sur sa chair miraculeusement préservée et sur son bel habit de soie… Je m’approche. Je vois une vieille demoiselle dont la couleur marron et l’apparence font penser à une momie. Mais l’état de conservation, est suspect. Elle est morte depuis longtemps et pas assez parcheminée. Miracle religieux, magie, supercherie ? Je ne sais trop. A quoi sert Sainte Colombe ? Est-ce qu’on l’adore ? Est-ce qu’on lui demande de satisfaire des vœux ? Je m’en vais vite, un peu fascinée, un peu écoeurée.

Dans le musée diocésien, je découvre les rouleaux d’un manuscrit byzantin qui suffisent à justifier la visite.


L’extérieur de Saint-Nicolas est encore plus dépouillé que celui de la cathédrale. Le porche est orné de jolies sculptures, tête de lions émoussés par le temps.

A l’intérieur, c’est le même contraste qu’à San Sabino entre le blanc de la pierre et l’opulence du plafond.

Après, c’est le plaisir de faire tout ce que font les touristes. On découvre les marchandes en train de préparer dans la rue des orecchietti (les pâtes locales en forme d’oreille). On se perd dans les ruelles :

Au coin des rues, on tombe sur des autels populaires avec des Vierges qui veillent sur le quartier.

Mais nous sommes mal organisés. Quand nous voulons dîner tout est fermé. Il ne reste que des pizzerias pour touristes ou des cafés-pâtisseries. Dans ce pays, il semble que les Italiens vivent de gâteaux !

Schlumberger Gustave. Les rouleaux d’Exultet de Bari et de Salerne. In: Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 41ᵉ année, N. 1, 1897. pp. 96-101.DOI : https://doi.org/10.3406/crai.1897.70917.www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1897_num_41_1_70917
www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1897_num_41_1_70917
Articles Wikipédia pour San Sabino, Saint Colombe, Saint Nicolas
certainement une belle découverte malgré tout.
Bises Marie
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