Escapade normande : entre mer et architecture

D’une escapade de deux nuits à Trouville, nous ramenons des images.

Depuis la falaise de Trouville

En pleine journée, le regard se perd dans un jeu de miroirs. En bas, la mer reflète le ciel ; en haut, le ciel reprend les couleurs de la mer, seulement interrompues par des architectures de nuages qui se font et se défont incessamment. Seule une mince bande de brouillard sépare l’air et l’eau.

Bizarrement, les navires émergent de la brume du large avec le soir.

Procession des navires venus du Havre

Commence alors la lente procession des tankers, croiseurs, chimiquiers, pétroliers … Je pourrais passer des heures à les regarder défiler, mais bientôt la nuit tombe et efface tout le paysage.

Pendant notre séjour, l’eau était malheureusement douteuse jusqu’à Cabourg. Etait-ce dû au brassage important des eaux au moment des grandes marées, ou bien à des installations insuffisantes ? Après avoir attendu cette baignade fraîche depuis Paris, nous sommes déçus. Malgré tout, nous sommes en vacances, la brise qui souffle fait oublier la fournaise parisienne et la jetée possède une beauté paisible

La jetée à Trouville

 Nous irons finalement jusqu’à Cabourg pour nous tremper dans l’eau.

Le Havre d’après-guerre : une ville de béton

Le lendemain, avant de rentrer, nous faisons un crochet par le Havre, ville rasée pendant la Seconde Guerre mondiale pour apercevoir au moins un peu l’architecture de béton imaginée par Auguste Perret pour reconstruire le centre. A première vue, on est frappés par par l’austérité des rues presque désertes sous la chaleur : constructions minérales et monotones.

A l’extérieur on lève la tête pour voir l’imposant clocher Saint-Joseph :

L’octogone de l’église Saint-Joseph

De l’intérieur, l’église n’est qu’une vertigineuse tour de 107 mètres, dressée jusqu’au ciel, à la cime de laquelle un puits de lumière s’élève si haut qu’il semble se perdre dans l’espace.

Le Havre. Eglise Saint-Joseph

Les vitraux abstraits de Marguerite Huré brillent par milliers apparentant un peu plus l’église à l’immensité de la voûte céleste.

Tout près, le théâtre Le Volcan, est une construction d’Oscar Niemeyer, reconnaissable immédiatement à ses courbes.

Le Volcan. Théâtre du Havre
Le Moulage de la main d’Oscar Niemeyer

Il faut déjà revenir à Paris, retrouver les conversations déprimantes sur le dôme de chaleur (En un mois, l’expression s’est imposée comme si ce nouveau vocabulaire rendait la canicule plus oppressante encore. Je n’ai d’ailleurs pas encore pris le temps de comprendre ce qui distingue exactement un dôme de chaleur d’une simple situation de hautes pressions). Autour de nous, les mêmes questions reviennent en boucle : « Est-ce à moi de faire des efforts ? », « Dans quel monde mes enfants vont-ils vivre ? » « Nos appartements vont-ils devenir des bouilloires thermiques ?» (A nouveau, cette nouvelle façon de dire me semble augmenter mon impression d’impuissance). Faut-il acheter un climatiseur (s’il en reste encore chez Darty !) au risque d’accroître la chaleur extérieure ? Faut-il s’en tenir à une soigneuse combinaison de volets fermés et de serviettes mouillées pour rafraîchir son logement tout en exigeant des pouvoirs publics de climatiser d’urgence les espaces collectifs ?