Les compositions de Noa Eshkol au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme

Noa Eshkol : de la danse à l’art textile

J’ai peu regardé ce que l’exposition de Noa Eshkol nous racontait de son activité de chorégraphe, bien que le rythme obsédant du métronome (seule musique qui accompagnait ses ballets) ait accompagné la visite

Noa Eshkol, chorégraphe, fille de l’ancien Premier ministre Levi Eshkol, s’est tournée vers la création textile, après la guerre de Kippour en 1973. Pour elle, la danse, c’était fini. Au cours des décennies suivantes, elle s’est consacrée à la création textile. Quelques principes la guident :

Pas de règles, pas de théorie – seulement la passion. Les seules règles que je me suis imposées : ne pas acheter de tissu, n’utiliser que des chutes, des chiffons et des vêtements usagés qui me tombent plus ou moins par hasard entre les mains […] Je m’impose aussi de ne pas couper le tissu, mais uniquement de découdre les pièces cousues. » (https://www.mahj.org/sites/default/files/2026-03/DP%20Noa%20Eshkol.pdf)

Ses Wall Carpets ne sont pas des tapis puisqu’ils ne sont pas tissés, mais cousus. On peut les apprécier indépendamment du travail de chorégraphe de Noa Eshkol, même si certaines œuvres font le lien comme Peacock du nom d’une de ses premières danses circulaires qui ressurgit en image éblouissante :

Noa Eshkol. Peacock

Autres images aux couleurs spectaculaires, le Vase palestinien à une fenêtre, de 1999.

Vase palestinien à une fenêtre, 1999

Ou bien les motifs mi-abstraits, mi réalistes de l’Intérieur :

Intérieur II (In Memoriam) 2007

Et les beaux arbres colorés qui font du bien dans cet été où tant de forêts ont été réduites en cendre.

Very Orange Tree (1992)

Rien ne nous a préparés à cet été hors norme !
– Tu parles, nous sommes avertis depuis quarante ans au moins. La vérité, c’est que nous ne serons jamais prêts.

Est-ce  que j’aime encore Paris ?

Je ne sais répondre alors que je me traîne le long du boulevard de Charonne accablée de chaleur. Paradoxe ! J’ai dit à la caissière : « Vous êtes mieux dedans que dehors ! » et j’étais contente du répit du supermarché bien climatisé… mais une fois de retour dans la rue, les bouffées brûlantes des climatiseurs qui rejettent l’air chaud des espaces de travail me sautent à la figure.…

Pourquoi rester à Paris si c’est pour se cloitrer dans mon appartement ? Encore ai-je la chance d’avoir de bons volets. Volets fermés et fenêtres closes jusqu’à la nuit aident beaucoup à supporter la canicule. Mais si la température de mon vieil immeuble de 1920, qu’on ne peut pas isoler, continue à augmenter, comment faire ?

Les poèmes que j’ai appris adolescente opposent souvent la fragilité des vies humaines à la force indifférente de la nature qui se régénère à chaque printemps… et déplorent que la terre ne retienne rien de nous dans les bois reverdis où nous nous promenons …Aujourd’hui, cette nature est vulnérable. Le printemps ne ranimera pas les paysages calcinés de Fontainebleau.

Toute ma vie a été cadrée par le rythme des saisons. Il est encore présent dans les albums que nous feuilletons avec ma petite fille. Je lui dis : « Tu vois, c’est l’hiver. Regarde la neige…

Mais il n’y a plus de neige en Normandie depuis sa naissance.

Pourtant nous sommes étrangement passifs. Nous sommes partis en vacances au bord de l’Atlantique… Bien sûr, à la différence des vacanciers photographiés dans Paris-Match, nous n’avons pas observé d’incendies de l’autre côté de la plage. Mais c’était pareil : nous voulions nous baigner ! Nous nous baignons et incendies et guerre n’y changent rien… Nous « profitons » !

Pendant ce temps le CO2 s’accumule préparant un été pire. Peut-être serons nous capables d’exiger des candidats à la présidentielle un programme à la hauteur de la bascule que nous vivons.