La dermatose nodulaire contagieuse a disparu des actualités. Pourtant, nous ressentons encore un sentiment de profond malaise en nous souvenant de l’abattage de troupeaux entiers pour une maladie rarement mortelle et non transmissible à l’homme. Fallait-il massacrer les vaches et désespérer les petits éleveurs pour défendre les exportateurs ?

A Paris, nous sommes loin. Au début du 20e siècle, on croisait encore des troupeaux qu’on menait à l’abattoir. Le spectacle et l’odeur écœurante de la mort sont devenus insupportables aux citadins et les lieux de l’exécution ont été éloignés des villes. Dans les supermarchés, la viande, prête à cuisiner est dissociée de l’animal, découpée, présentée dans des barquettes.
Quelques traces des abattoirs subsistent cependant. Le parc Georges Brassens conserve le souvenir de celui de Vaugirard (1896 -1978). Deux sculptures d’Isidore Bonheur (un frère de Rosa Bonheur) représentent des taureaux grandeur nature.

Lapins, souris et rats sont régulièrement éradiqués. Renards et belettes se réfugient dans les bois tout proches ;ils viennent se servir dans nos poubelles, mais sont difficiles à surprendre. Notre ordinaire est constitué de chats 250 000 chats (1 pour 8 habitants) et 100 000 chiens (Mairie de Paris, 2021) et de pigeons… plus quelques corneilles, merles et pies.
Des noms de rues remplacent les animaux absents, impasse des Chevaux, rue de la Colombe, rue des Lions-Saint-Paul, rue des Oiseaux… rue aux ours (à rapprocher en fait des oies, oue en ancien français, qui vagabondaient dans les rues à la différence des ours)… Le nom peut aussi être attribué via une enseigne comme à la rue du Chat-qui-pèche (du nom d’une enseigne célébrant le chat habile d’un poissonnier). Les dénominations n’ont parfois rien à voir avec les bêtes : la rue du Pélican est à l’origine une rue dédiée à la prostitution, rue du Poil-au-con (poil étant la forme accentuée de pel que l’on retrouve dans pelisse).
Les mascarons animaux des immeubles et des hôtels sont souvent des masques de lions ou de béliers supposés barrer le chemin aux malfaisants, bien qu’on trouve aussi des espèces plus inattendues, chats, dragons, hiboux.
Des sculptures variées viennent orner des façades, animaux domestiques, animaux liés à la chasse, mais aussi, plus surprenant, des crustacés (étoiles de mer, langoustes…), des insectes comme le scarabée du 21 bis de la rue Charles Leroux.
Les fontaines sont dédiées aux animaux aquatiques… mais Niki de Saint Phalle a installé un éléphant prêt à asperger les passants place Stravinsky.

Aujourd’hui, le Street Art multiplie les représentations animales. Je revisite évidemment le chat craquant de Christian Grémy (C215), museau taché de blanc, moustaches hérissées, qui regarde le monde avec intensité et bienveillance.

Aujourd’hui, je partage ma collection, bien incomplète, de chats…
Quelques représentations du chat
Cela me donne envie de feuilleter mes photos. Le chat rouge du passage de la Voûte fait le gros dos par-dessus un escalier. Il évoque paraît-il un chat de Charles Trenet .

Parfois les chats qui ornent les façades sont réduits à leur tête. Ainsi rue Saint-Denis, sur la façade décrépite de l’ancienne confiserie Au Chat noir.

Ou au 17 avenue du Bel Air

D’autres fois, le sculpteur célèbre l’agilité du chat d’immeuble

Et c’est aussi le couple du chat et de la souris qu’évoque une des enseignes conservées à Carnavalet, même si plus assoiffé qu’affamé, le chat qui a trop bu se montre incapable d’attraper le moindre rongeur :

Une peinture pour finir dans la rue Crémieux : le bond prodigieux du chat menace deux oiseaux

A ma prochaine balade, j’ajouterai le Chat (de Monsieur Chat) qui arbore un énorme sourire et colonise, murs, toits et cheminées.
https://parisontheme.blogspot.com/search/label/LES%20ANIMAUX%20DANS%20L%27ARCHITECTURE%20PARISIENNEjeudi 30 janvier 2014