La première salle
de l’exposition permanente Hamad Al Thani
Hôtel de la Marine
2 Place de la Concorde, 75008 Paris
Tous les jours de 10h30 à 19h
Nocturnes jusqu’à 22h le vendredi soir
La première salle de l’exposition Hamed Al Thani rassemble des trésors de toutes les époques et de toutes les cultures. Des centaines de guirlandes dorées suspendues au plafond par des fils d’or, reflétées sur le sol, enveloppent les œuvres dans un écrin spectaculaire. Ce sont des fleurs lumineuses ou des poussières d’étoiles d’où surgissent des chefs d’œuvres isolés des œuvres sœurs de leur temps. Solitaires, séparés de la civilisation dont ils faisaient partie, ils appartiennent au musée de l’humanité.

Une petite déesse offre son visage au ciel nocturne. C’est une « guetteuse d’étoile ». Elle provient d’Anatolie, ressemble aux statues des Cyclades. Pourquoi ?

Des siècles plus tard, voici une reine guerrière du Bénin qui refusa d’écouter les oracles, engagea la bataille, fut victorieuse et sauva le royaume du son fils. Celui-ci la fit nommer Liyoba, Reine-Mère. A la page 544, de mon édition des Voix du silence, Malraux montre un masque identique qui se trouve au British Museum. Les Nigériens demandent en vain sa restitution. Aujourd’hui, il semble que l’argent du cheikh soit plus légitime.

Un visage égyptien de la XVIIIe dynastie. Il est entièrement rouge, taillé dans le jaspe dur.

Une statuette menue a elle aussi un visage rouge que le temps n’altèrera pas.

Un petit ours Han en bronze doré se gratouille l’oreille (206 avant JC). Il a l’air si doux et gai qu’il est le clou de l’exposition.

Un cavalier se livre aux plaisirs de la chasse Il est tibétain et a été gravé sur une plaque d’or entre 600 et 800 après J.C.

La splendeur des pierres dures, la rigidité, le schématisme sont célébrées avec un masque olmèque. Sans les récits qui les accompagnent, la tête olmèque me parle peu, mais je vois là aussi resplendir à la lumière les pierres arrachées à la terre.

Les repères s’estompent. Il n’y a qu’un message simple : toutes les civilisations produisent des chefs d’œuvre qui viennent du fond de l’histoire, surgissent et parlent immédiatement à chacun sans que des médiations soient nécessaire. Cet hommage aux génies fait penser aux Mages de Victor Hugo :
Oh ! tous à la fois, aigles, âmes,
Esprits, oiseaux, essors, raisons,
Pour prendre en vos serres les flammes,
Pour connaître les horizons,
À travers l’ombre et les tempêtes,
Ayant au-dessus de vos têtes
Mondes et soleils, au-dessous
Inde, Égypte, Grèce et Judée,
De la montagne et de l’idée,
Envolez-vous ! Envolez-vous !